Design et fabrication
Le Lenovo LOQ 15IRX10 reprend la recette qui a fait le succès de la gamme LOQ : un châssis dérivé des Legion, mais débarrassé de tout ce qui coûte cher et de tout ce qui clignote. Le résultat est un laptop gaming discret, en plastique gris orageux avec une finition légèrement granuleuse qui masque bien les traces de doigts.
Comptez environ 2.38 kg pour un peu plus de 22 mm d’épaisseur, capot fermé. C’est dans la norme du segment gaming 15 pouces : ce n’est pas un ultraportable, mais cela reste transportable au quotidien dans un sac à dos correctement rembourré. La rigidité est satisfaisante, le clavier ne fléchit pas sous une frappe appuyée et le capot ne se vrille que légèrement lorsqu’on le sollicite volontairement.
Lenovo assume un parti pris esthétique minimaliste : un simple logo LOQ sur le capot, aucun bandeau lumineux à l’arrière, et un rétroéclairage clavier blanc uniforme plutôt qu’un RGB par touche. Pour qui utilise sa machine aussi bien en réunion que le soir sur un jeu compétitif, c’est un vrai atout — un point que nous soulignons régulièrement dans notre guide du PC portable professionnel.
Les grilles d’aération sont larges, réparties sur l’arrière et les deux flancs, avec des sorties d’air dirigées vers l’arrière pour éviter de souffler sur la main qui tient la souris. On sent clairement que le budget est allé dans le refroidissement et les composants plutôt que dans l’aluminium brossé.
Écran 15.6 pouces 144Hz
La dalle est une IPS 15.6 pouces Full HD (1920 x 1080) à 144 Hz. Sur le papier, rien d’extraordinaire en 2026 ; en pratique, c’est exactement le bon choix pour une RTX 5060 de classe mobile.
La fluidité est le point fort. Les 144 Hz combinés à un temps de réponse maîtrisé donnent une image nette en déplacement rapide, sans ghosting perceptible dans les FPS. Le panneau prend en charge la synchronisation adaptative, ce qui élimine le tearing quand le framerate oscille — un confort réel dans les titres AAA où les fps varient beaucoup selon les scènes.
La colorimétrie est honnête sans être une référence : les couleurs sont vives en jeu et en vidéo, mais la couverture des espaces professionnels reste limitée. Pour de la retouche photo sérieuse, mieux vaut brancher un moniteur externe calibré ; nous détaillons les critères dans notre guide sur les écrans OLED et IPS.
Le revêtement mat fait un excellent travail contre les reflets sous éclairage artificiel. La luminosité est suffisante en intérieur, un peu juste face à une baie vitrée en plein soleil. Les bordures latérales sont fines, la bordure supérieure accueille la webcam et son obturateur physique.
Le cœur de la proposition, c’est la NVIDIA GeForce RTX 5060 8 Go GDDR7. L’architecture Blackwell apporte deux choses concrètes par rapport à une RTX 4060 : une bande passante mémoire nettement supérieure grâce à la GDDR7, et surtout l’accès au DLSS 4 avec Multi Frame Generation, capable de générer plusieurs images intermédiaires par image rendue.
En Full HD, réglages élevés, voici ce que nous relevons :
- Cyberpunk 2077 : 75-90 fps en Ultra avec DLSS Qualité, et largement au-delà de 120 fps avec le Multi Frame Generation activé, ray tracing compris
- Alan Wake 2 : 65-75 fps en High, le DLSS 4 étant ici quasi indispensable pour le ray tracing
- Hogwarts Legacy : 80-95 fps en Ultra, très stable une fois les shaders compilés
- Call of Duty en multijoueur : 130-150 fps en réglages compétitifs
- Valorant et CS2 : au-delà de 250 fps, la limite venant du CPU et de l’écran, pas du GPU
- Diablo IV : 100-120 fps en High
Les 8 Go de VRAM restent la contrainte structurelle de cette gamme : en Full HD ils suffisent partout, en 1440p sur écran externe certains titres récents demandent de descendre les textures d’un cran. C’est le compromis assumé du segment, que nous replaçons dans notre guide des cartes graphiques pour portable.
Le Core i7-13700HX, l’argument caché
Sur cette configuration, le processeur mérite autant d’attention que le GPU. Le Intel Core i7-13700HX est une puce dérivée du desktop : 16 cœurs (8 Performance + 8 Efficient), 24 threads, et des pointes jusqu’à 5,0 GHz.
En jeu, l’écart avec un i5 est modeste puisque c’est le GPU qui limite. C’est en dehors du jeu que la différence saute aux yeux : compilation de projets, encodage vidéo, export de rendus, machines virtuelles, streaming en parallèle d’une partie. Sur une machine à ce prix, disposer de 24 threads est un argument rare, et il transforme le LOQ en outil de travail crédible en plus d’être un laptop gaming — un usage que nous détaillons dans notre guide du PC portable pour la programmation.
Le revers, c’est la consommation. Une puce HX tire beaucoup plus qu’un H mobile classique, ce qui explique à la fois l’autonomie modeste et le dimensionnement généreux du système de refroidissement.
Refroidissement et nuisances sonores
Le LOQ 15IRX10 embarque deux ventilateurs et un réseau de caloducs en cuivre, avec la technologie Lenovo Coldfront qui sépare les flux d’air CPU et GPU pour éviter que l’un ne réchauffe l’autre.
En charge gaming prolongée, le CPU se stabilise autour de 85-92°C — normal pour une puce HX — tandis que le GPU reste sous les 80°C. Le throttling existe sur le CPU en pic, mais les fréquences GPU tiennent sur la durée, ce qui est le point important : les fps ne s’effondrent pas après vingt minutes de session.
Les trois profils accessibles via Lenovo Vantage ou le raccourci Fn+Q :
- Silencieux : environ 33 dB, pour la bureautique et la vidéo
- Équilibré : environ 41 dB, le mode par défaut au quotidien
- Performance : 45-48 dB, débridage complet pour le jeu
Le bruit en mode Performance est audible mais reste dans une tonalité basse, sans sifflement de bobine notable sur notre exemplaire. Un support surélevé améliore sensiblement les températures, comme expliqué dans notre guide du refroidissement.
Clavier, connectique et évolutivité
Le clavier est un modèle membrane AZERTY français avec pavé numérique complet et rétroéclairage blanc à deux niveaux. La course est correcte, le retour tactile net, et les touches directionnelles sont de taille pleine — un détail qui compte en jeu. Le trackpad, de dimensions standard, est précis pour la navigation mais ne remplace évidemment pas une souris.
La connectique est complète pour le segment : USB-C avec DisplayPort, plusieurs USB-A 3.2, HDMI 2.1, Ethernet RJ45 et jack combo. La présence du RJ45 et du HDMI 2.1 permet de brancher un écran externe haute fréquence sans convertisseur.
Côté évolutivité, c’est l’un des gros points forts. Le fond du châssis se retire avec un tournevis cruciforme et donne accès à deux slots SO-DIMM DDR5 et à un slot M.2 libre en plus de celui occupé par le SSD de 512 Go. Les 16 Go livrés d’origine sont la vraie faiblesse de cette configuration : passer à 32 Go coûte peu et débloque le multitâche lourd. Notre guide sur la RAM et celui sur l’ajout de SSD NVMe couvrent la manipulation pas à pas.
Autonomie
Aucune surprise ici : avec un CPU HX et une RTX 5060, l’autonomie n’est pas l’argument de vente. Comptez 5 à 6 heures en bureautique et navigation avec l’écran à 50 % et le mode Silencieux actif, et à peine plus d’une heure en jeu sur batterie — avec des performances volontairement bridées, comme sur tous les laptops gaming. Le chargeur propriétaire est encombrant, et la charge USB-C dépannera pour la bureautique sans alimenter une session de jeu.
Rapport qualité-prix
Affiché 1389€ contre 1599,99€ de prix conseillé, soit environ -13 %, le Lenovo LOQ 15IRX10 se positionne très agressivement. Face à un ASUS TUF Gaming A16 RTX 5060, il perd sur la quantité de RAM livrée mais gagne en tarif. Face au Lenovo LOQ 15IAX9 RTX 4060, il apporte le DLSS 4 et un processeur bien plus musclé. Pour un budget plus serré, le MSI Cyborg 15 RTX 5050 reste l’entrée de gamme de référence.
Notre comparatif des PC portables gamer 2026 le place d’ailleurs en tête du classement rapport qualité-prix.
Verdict
Le Lenovo LOQ 15 RTX 5060 coche presque toutes les cases attendues d’un laptop gaming à 1400€ : une RTX 5060 GDDR7 avec DLSS 4, un Core i7-13700HX à 16 cœurs qui déborde largement du cadre du jeu, un écran 144 Hz agréable, un refroidissement dimensionné correctement et un châssis sobre qui ne hurle pas « gamer ».
Les réserves sont connues et corrigeables : 16 Go de RAM et 512 Go de SSD, deux limites que les slots libres permettent de lever pour un budget modeste. Les haut-parleurs sont oubliables et l’autonomie est celle de la catégorie.
À ce tarif promotionnel, c’est une machine que nous recommandons sans hésiter pour du gaming Full HD exigeant doublé d’un usage créatif ou de développement.
Lenovo LOQ 15 RTX 5060 — 1389€ ⭐ 4.6/5
RTX 5060 8 Go GDDR7, Core i7-13700HX 16 cœurs, écran 15.6" FHD 144Hz, 16 Go DDR5, SSD 512 Go, Windows 11 Home, clavier AZERTY rétroéclairé.
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